Créancey
La mémoire de la commune
Créancey est une commune française située dans le canton d'Arnay-le-Duc du département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté. L'une des extrémités de la voûte du canal de Bourgogne, tunnel-canal de 3,3 km de long et bief de partage des eaux du canal de Bourgogne, s'ouvre sur la commune. Les Roches de Beaume sont un site naturel classé et la commune comprend plusieurs sites archéologiques, dont l'un avec peintures et gravures rupestres préhistoriques.
Au fil de l’histoire
La commune est extrêmement riche en sites archéologiques pré- et proto-historiques.
En 1960, Paul Cussinet-Carnot découvre des peintures rupestres avec motifs gravés, les premiers signalés en Côte-d'Or. Elles sont dans une cavité située sur le coteau au nord-est du bourg, toute proche de la voie qui grimpe ce même coteau jusqu'à la corniche du plateau pour joindre Autun et Sombernon. En dessous de la grotte, des éboulements de la corniche forment un abri sous roche ; le bloc le plus proche de la cavité est appelé "lavoir du diable". Nicolardot note au passage que les toponymes en relation avec le diable et/ou l'enfer sont fréquents aux proches alentours de sites préhistoriques et en particulier des sites portant des gravures préhistoriques ou protohistoriques. Une fissure de 30 cm de large s'ouvre sur un boyau peu praticable d'environ 7 m de long dans la roche du bajocien, un étage du Jurassique moyen ou Dogger d'une durée d'environ 2 millions d'années entre −170,3 ± 1,4 et −168,3 ± 1,3 millions d'années. Les gravures se trouvent essentiellement sur la paroi de droite du boyau - qui est alors large de 70 cm -, avec seulement deux motifs trouvés sur la paroi gauche et accompagnés de quelques lettres modernes. Le bas des panneaux gravés a été détérioré par l'accumulation de terre et de débris végétaux, qui a maintenu une humidité suffisante pour dégrader la roche calcaire. Dès l'entrée se trouve une figure anthropomorphe féminine, une location typique de celle de la déesse funéraire de la civilisation Seine-Oise-Marne. Ses lignes l'apparentent à une figure similaire dans la grotte Sainte-Eulalie d'Ussat-les-Bains, datée prospectivement de la fin de l'âge de Bronze (~VIIe siècle av. J.-C.). Elle fait partie du premier groupe de gravures défini par Nicolardot : des œuvres faites d'« incisions fines, régulières et précises », qu'il pense être les plus anciennes gravures. Une autre figure montre une figure anthropomorphique masculine agenouillée, qui fait partie du deuxième groupe défini par Nicolardot : des incisions aussi assurées mais plus profondes ; celle-ci rappelle les "orants" des gravures de l'Ariège et de la Peyra Escrita à Formiguères (Pyrénées-Orientales). Le troisième groupe de gravures, nettement plus tardif, pourrait dater du Moyen-Âge (exploitation de carrière proche vers le XVe siècle).
Il existe une nécropole sous tumulus aux Meurots Bleus (1,8 km au nord-est de Beaume), avec des coffres néolithiques réutilisés au premier âge du fer : l'un des tumulus a été construit au-dessus d'une tombe faite d'un coffre de pierre mégalithique. L'ensemble est composé de cinq tumulus, dont quatre grands et un plus petit. Loïs de Montille y découvre en 1852 un poignard dans le tumulus n° 2. De nombreux autres objets ont été trouvés dans ces tumulus, comme cette longue (environ 1 mètre) épée gauloise en fer des VIe – Ve siècle av. J.-C., à deux tranchants, faite pour l'estoc, ainsi que des torques, bracelets, autres bijoux et objets, y compris un rasoir associé à la grande épée en fer. La plupart de ces objets sont datés de la période finale du premier âge du fer (fin du Hallstatt). Un grand nombre d'entre eux enrichissent les collections du musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
Une fibule du VIIe siècle av. J.-C. de type chypriote a été trouvée en 1969 près de Beaume dans un éboulis de carrière au lieu-dit Larrey de Corton, sur un terrain remué par les engins de construction de l'autoroute A38. Les fouilles entreprises sur le lieu n'ont pu amener aucune conclusion sinon que le terrain avait été trop bouleversé par les travaux, et n'a ramené qu'un tesson de fond de vase de l'époque gallo-romaine. Le mode de fabrication de cette fibule indique la période d'expansion de la technologie chypriote plutôt que son époque tardive : aiguille droite et non courbe, porte-aiguille riveté (ce qui reste un point faible, de même qu'une soudure) et non moulé d'un seul tenant avec l'arc pour plus de solidité, technique adoptée à une époque plus tardive. Le travail est très soigné : les trois parties de l'objet (arc triangulé, ressort et aiguille) sont soudées ensemble, mais seul un œil expert peut distinguer les soudures. La photo ci-contre montre une fibule à peu près de la même époque que celle de Corton et de même forme générale : arc triangulé en haut, ressort moulé en tige d'épingle, aiguille (cassée) ; manque le porte-aiguille qui se trouvait à l'extrémité de la tige gauche de l'arc.
Il y a au moins un monument druidique sur la commune.
Les origines du nom
Le nom de la localité est attesté sous les formes In comitatu Belnensi…, in villa Crisentiaco (946) ; Cresentiacus ; Crescentiacus ; Cruencé (1214) ; Cruencés (1226) ; Cruencé la Ville (1248) ; Cruancé (1256) ; Créincé (1259) ; Cruancer (1271) ; Cruenceyum, Creenceyum (1285) ; Créancé (1289) ; Creanceyum (1299) ; Cryncé (1304) ; Créancey (1323) ; Créencé (1357) ; Créencey (1365-1366) ; Cruencey (1371) ; Crenceyum (XIVe siècle) ; Crencé (1404) ; Crainsey (1461) ; Crancey près Poilly (1561).
Un patrimoine à découvrir
Créancey comprend plusieurs monuments inscrits sur la liste des Monuments Historiques, dont trois chapelles et sept croix sur les voies publiques. De nombreux ouvrages inscrits font partie du système hydraulique du canal de Bourgogne ou en sont des œuvres dérivées :
Le château de Créancey date des XVIIe et XVIIIe siècles. La façade et les toitures du bâtiment principal et des communs ainsi que le pigeonnier sont inscrits aux monuments historiques. L'une des annexes est un colombier de 9 m de diamètre, avec toiture en laves surmontée d’un joli lanternon couvert de zinc patiné.
Église paroissiale Saint-Symphorien. Son mobilier inclut des objets listés MH :
Mairie-école.
Chapelle Saint-Gervais à Beaume. Parmi son mobilier, plusieurs objets sont également listés MH :
Chapelle Saint-Marc à Panthier (1868). Elle a pour objets listés MH :
Chapelle Saint-Étienne ("tour Saint-Étienne") au lieu-dit la Tour.
Croix monumentale, rue du Chêne (XVI et 1806).
Croix monumentale, rue du Grand Pâquier (1803).
Croix de chemin au lieu-dit les Ebraux, sur la D18 au début du chemin de Beaume (1863). Elle porte l'inscription suivante : « cette croix a ete erigee en vertu d'un voeu d'un pere pour le retour de son fils apres une campagne de 4 ans de chine et cochinchine », et sur la face droite : « erigee par c.de berthoux le 4 avril 1863 ».
Croix monumentale à la Lochère (1806).
Croix monumentale à Beaume (1682).
Croix de chemin (limite XIXe-XXe), au carrefour de la rue des Petites Montées, de la rue Claude Liévin et du larrey de la Tour.
Des vies liées à la commune
Edme Aimé Lucotte (1770-1825), général des armées de la République et de l'Empire.
Le paysage et le village
Créancey est dans la partie sud-ouest de la Côte-d'Or.
Le parc naturel régional du Morvan est à 15,5 km à l'ouest à vol d'oiseau (20 km par la route).
Paris est à 273 km au nord-est, la préfecture Dijon à 44 km à l'est par la A38 (gratuite), son chef-lieu de canton Arnay-le-Duc à 17 km au sud-ouest. Les autres grandes villes les plus proches sont Beaune à 38 km au sud-est, Autun (Saône-et-Loire) à 45 km au sud-ouest, Saulieu à 34 km à l'ouest et Avallon à 65 km au nord-ouest. Plus localement, Pouilly-en-Auxois est à 3,3 km au nord-ouest et Maconge à 4 km au sud.
La superficie de la commune est de 16,71 km2 ; son altitude varie de 370 à 550 mètres.


